Épuiser le vide

by Hôtel Parasite

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1.
Je me relève et je retombe, je referme ma tombe. Je tends la main vers un mirage qui se dessine dans les creux de mon visage. Tourner la page, est-ce si facile ? Les gribouillages… tu crois vraiment qu’ils sont inutiles ? Tomber sept fois, se relever huit. Je soignerai bien mes maux dans ce couplet. J’écrirai toujours les mêmes choses pour me soigner.
2.
Ouais j’l’ai dit, j’écrirai toujours les mêmes choses pour me soigner, alors voilà j’me relève 8 fois. Chaque chute arrache un peu plus ma voix, mais me re-voilà. J’vais pas vous mentir, j’étais pas beau à voir dans le plumard, dans mes remparts, pour ne pas dire dans l’noir. Tombé 7 fois je ne veux plus vous décevoir, plus de plumard plus de rempart, je n’veux plus vivre dans un brancard. Chaque pas résonne comme une revanche, je déclenche la prochaine avalanche. Plus de plumard, plus de peignoir, plus de brouillard, plus de rempart, plus de lame de rasoir dans la baignoire.
3.
Promis, j’fais abstraction, j’ne replonge pas, je prends de l’air. J’efface les traces, je brise l’attraction. J’me dis que c’est fini, j’ai compris la leçon. Je tourne la page, je change de saison. Douce essence, particule insaisissable ! Et son absence me rend instable. Comme un boomerang, sa fièvre sous mes mains : poison sucré, un doux venin. Malgré la foudre, j’y crois encore, elle court en moi quand elle s’évapore. Comme un coup de foudre, je la vois encore, son ombre me hante quand je m’endors. J’y pense, j’y pense, j’en veux encore, et ma frustration s’améliore. L’odeur de son parfum me dévore. Les nerfs à vif, les nuits en cendres, brûlé comme un feu sous la glace en décembre. Comme une corde qui file mon quotidien, et cette douce flamme entre mes mains. Mon Dieu, elle me manque, et pourtant tant d’années à lutter, à croire que je pouvais m’en passer. Chaque bouffée, un aller sans retour : cette fois c’est fini, mais l’boomerang revient toujours.
4.
Je regarde demain se perdre dans un miroir, je regarde demain et on oublie d’y croire. Je regarde des rêves et je fuis l’ennui, je regarde des ombres dans un coin d’oubli. Je regarde des cendres de ce qu’on a détruit, je regarde des étoiles qu’on n’a jamais suivies. J’creuse le vide, j’creuse à l’infini, l’écran à cran. J’creuse le vide, j’creuse à l’infini. Promis, je resterai lucide. Je regarde des gens courir vers l’avenir, je regarde des gens pleurer et souffrir. Je regarde des gens qui se regardent eux-mêmes, je regarde des gens qui se regardent eux-mêmes.
5.
Plus d’mots jetés pour le cinéma, je m’étais juré : plus de drama. DVD / VHS, je ne perds pas le fil, je veux voir la fin du film. Je veux voir la fin du film, pas m’arrêter en pleine bobine. Je veux voir la fin du film, même si le ciel tombe en vrille. Je veux voir la fin du film, même si l’histoire se défile. Je veux voir la fin du film, et si c’est chiant,ben je rembobine.
6.
Hors-ligne 03:01
Des chemins tracés, des plans établis se faufilent entre les lignes. Je me casse la gueule et je ris seul, et je ruisselle entre les lignes. J’écris sous pression toute une dépression, Et je n’assume pas mes lignes. Et quand j’écris trop, j’me vide qu’à moitié : Je reste hors-ligne. Entre quatre murs, entre deux lignes Mon corps fait semblant de dormir : les mots défilent, je les aligne. Entre quatre murs, entre deux lignes L’esprit tourne en rond, s’abîme L’horloge me fixe, l’horloge me brime, et me ruine. La pilule rouge ou la pilule bleue ? Devant le dilemme je m’aligne . Je choisis le singe qui tape au clavier un jet encre pour faire des lignes. Et plus j’ai des rides, plus j’épuise le vide R’garde sur mes mains mes lignes. Je me relis parfois, je ne me reconnais pas : Je reste hors-ligne.
7.
Au pays des tournesols, je détourne ma tête du soleil, je déploie mon parasol Au pays des tournesols, je tourne ma tête vers le sommeil, je me planque dans le sous-sol. Je n’veux pas jouer la parodie du peintre à qui il manque une oreille. Je n’veux pas jouer, mais la maladie l’emporte encore sur le réveil. Je ferme les yeux, je fais le mort, dans le noir j’entends encore le cri obscur des tournesols. Je ferme les yeux, je fais le mort, dans le noir j’attends encore un soleil qui me console.
8.
De la naissance à l’adolescence, l’ombre d’un souffle, une absence. Les mots se meurent, noyés de doute, le temps s’effrite, laissant sa route. Le cœur éteint, l’âme enchaînée, rien ne s’élève, tout est figé. Mais par pitié,laissez-moi ma volupté. Aucune volonté, tout est perdu. Aucune volupté n’enfreint la règle (du péché). De la naissance à l’adolescence, un chemin vide, une absence. Un cri fragile, une renaissance, encore un élan vers l’imprudence. Mais par pitié,laissez-moi ma volupté.
9.
On se fond dans des pluies éparses parce que l’on revit sans cesse le passé. On avance deux fois pour reculer trois, une partie de dés, un échiquier de bois. On encaisse l’échec chaque mois, on fait une pause, on rebondit parfois. Et quand la barque devient un radeau, il reste toujours une place pour l’oppresseur soi-disant héros. Chronophage, certains restent à la marge, d’autres marchent sur leurs frères à la nage. Alors ! Qui sera le premier ? Quand la seule lutte reste la survie… Alors ! Qui sera le premier ? Écrasera-t-il celui qui mendie ?
10.
À la recherche d’une fiction qu’la réalité n’met plus en action. Je tente chaque jour une démonstration. À quoi bon chercher le pire ? À quoi bon re-vivre les soupirs ? Et je rumine comme je respire. Rien ne pourra changer, tu pourras toujours chanter : « mais une chanson de punk rock ne pourra jamais changer l’monde ». Il n’y a que le corps que je transforme, les accords me donnent la norme : une caricature du fond et d’la forme. Ce n’est pas plus mal comme ça, ce n’est pas plus mal comme ça, ça m’évitera de faire trop d’dégâts.
11.
J’insiste, je résiste et j’embrasse le départ, pas après pas je me prépare et me sépare du trop plein de moi que je répare. Chaque seconde mon corps me dit qu’il en a marre du trop d’excès, du trop d’écarts, du trop d’abus en barres. Et les rues s’effacent, le souffle court, chaque grimace aux alentours. Les pieds frappent le sol, je repousse la gravité, le cœur comme seul métronome dans ma foulée. Je repousse la ligne d’arrivée

about

Les chansons ont été imaginées par Hôtel Parasite.
Pochette née d’un moment de grâce volé à la rue.

credits

released February 4, 2026

Recorded & Mixed by Julien Liphard au dBd studio (december, 2025)
Mastering by Martin Denquin au dBd Studio (february, 2026)

Released on
GUERILLA ASSO DIY // French punk label gigs & distro
PANDA RECORDS // DIY Punk Label

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Hôtel Parasite Marseille, France

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